Maîtriser l'humidité du bois
Le comportement du bois face à l'humidité conditionne directement la durabilité d'un ouvrage de menuiserie, qu'il soit destiné à l'intérieur ou à l'extérieur. Comprendre les classes d'emploi normalisées et les mécanismes de stabilité dimensionnelle permet de choisir la bonne essence et la bonne mise en œuvre pour chaque usage.
Les classes d'emploi (NF EN 335)
La norme NF EN 335 définit des classes d'emploi selon le niveau d'exposition du bois à l'humidité. Elle distingue notamment :
- Classe 3 : exposition aux intempéries, sans contact avec le sol. Essences recommandées : cèdre, Douglas, mélèze.
- Classe 4 : contact permanent avec le sol ou l'eau (terrasses, par exemple), nécessitant généralement un traitement par autoclave.
Duramen et aubier
Au sein d'une même grume, le duramen (cœur du bois) et l'aubier (partie périphérique, plus jeune) n'ont pas la même durabilité naturelle ni la même imprégnabilité. L'aubier, plus perméable, se classe généralement en classe d'imprégnabilité 1, tandis que le duramen de certaines essences (chêne, Douglas) est beaucoup plus réfractaire au traitement (classe 4).
Classes d'imprégnabilité (1 à 4)
- Classe 1 : aubier, facilement imprégnable.
- Classe 2 : aubier de Douglas.
- Classe 4 : duramen de chêne ou de Douglas, réfractaire au traitement.
Mesurer le taux d'humidité
Le protocole de mesure recommande de prendre le taux d'humidité à au moins 30 cm des extrémités de la pièce, à l'écart des nœuds, et au tiers de l'épaisseur du bois — les zones les plus représentatives de l'humidité réelle du cœur de la pièce.
Finitions et ventilation
Une finition microporeuse associée à une bonne ventilation de l'ouvrage limite les variations d'humidité et prévient les déformations. C'est un point clé pour les menuiseries extérieures exposées aux intempéries.
Stabilité dimensionnelle (« nervosité »)
Toutes les essences ne se valent pas en matière de stabilité : le chêne présente par exemple un retrait tangentiel d'environ 9,7 %, quand le pin sylvestre affiche un retrait volumétrique de seulement 0,45 %. Pour les grands panneaux nécessitant une stabilité élevée, le peuplier est une essence particulièrement recommandée.
En résumé, le choix de la bonne classe de durabilité et une mise en œuvre adaptée — essence, traitement, finition et ventilation — sont les garanties d'un ouvrage de menuiserie qui résiste durablement à l'humidité, qu'il soit destiné à l'intérieur ou à l'extérieur.
— Martin GEZE